DANSES LANGUEDOCIENNES
Lou chibalet, las treilhas,



La plus originale des danses traditionnelles languedociennes danse chevaletest le chibalet, en français chevalet. Un jeune homme monté sur un cheval de carton (qui n’est qu’un cheval postiche attaché à sa ceinture, mais dont la housse richement ornée cache les jambes du prétendu cavalier) exécute des passes de manège au son des hautbois et des tambourins.

Un autre danseur ( lo civadièr ou porteur d’ avoine ) tourne autour de lui, tenant un tambour de basque dans lequel il feint de présenter de l’avoine au chibalet. L’adresse de celui-ci consiste à paraître éviter l’avoine, pour ne pas interrompre ses exercices, tandis que, toujours en cadence et sans se brouiller avec lui, l’officieux pourvoyeur cherche constamment à se placer devant la bouche. Ces deux acteurs principaux déploient beaucoup d’agilité et de grâce dans ce jeu. Des danseurs, vêtus à la légère, les jambes entourées de grelots, et dirigés par deux chefs, se groupent autour du couple principal, et s’entrelacent de mille façons pittoresques, en dansant toujours les mêmes rigaudons que le chibalet. On retrouve le maréchal ferrant et lo moscal qui chasse les mouches.

Cette danse fut exécutée à Paris, au Louvre, lors des réjouissances publiques célébrées pour la convalescence de Louis XV. Elle a été aussi ordonnée en 1835 (pour la première fois depuis la révolution de 1830), par l’autorité municipale de Montpellier, à l’occasion des fêtes de juillet. On fait remonter son origine au treizième siècle.chevalet montbazin Elle retracerait une circonstance de la vie de Pierre, roi d’Aragon, devenu souverain de Montpellier par son mariage avec Marie, fille du dernier seigneur de cette ville. Pierre traitait son épouse avec froideur. Elle fut même obligée de se retirer à Mireval, à 2 lieues de Montpellier. Un fidèle ami du roi ménagera un rapprochement entre les époux, un jour que la chasse avait amené Pierre auprès de la résidence de la pieuse Marie; et selon l’usage de ce temps-là, ils revinrent à Montpellier, montés sur un même palefroi. Les habitants, instruits à l’avance de cette heureuse réconciliation, accoururent au-devant de leurs maîtres, en manifestant leur contentement par des rondes, et ce fut pour perpétuer le souvenir de cet heureux jour que la danse du chibalet fut instituée.

Las treilhas, ( les treilles ), c'est une danse des plus gracieuses, exécutée par huit à douze couples de femmes, vêtues de blanc, avec des rubans et des ceintures, qui sont bleues pour la moitié des danseuses, roses pour les autres. Elles ont des fragments de cerceaux, garnis de mousseline blanche et de nœuds de rubans, aussi bleus ou roses, et dont elles tiennent les extrémités à la main. Ce sont alors des évolutions variées et très compliquées, pendant lesquelles les deux troupes se mêlent sans se confondre, s'entrelacent en gracieux méandres, formant de temps à autre des berceaux avec leurs cerceaux enrubannés, et mille dessins pittoresques.
© photo D. Guidoni


Le martelet

C'était autrefois, une activité nocturne à laquelle, dans les villages, se livraient les adolescents. Le but étant de frapper en pleine nuit à la porte d'une maison jusqu'à réveiller son propriétaire. C'est également le heurtoir de la porte.

La coutume à Montbazin était de taper avec une bouteille à la porte d' une personne qui en ouvrant sa fenêtre était coincée au niveau du cou par une crosse; son visage était alors barbouillé avec du sang de bœuf. Un coup de fusil retentissait, la personne rentrant chez elle faisait peur aux autres qui pensaient que le coup de fusil avait atteint le visage.

Selon J. David, la jeunesse accrochait une ficelle à la poignée de la porte d' un habitant "roumégaïre". A l' extrémité laissée libre, les jeunes accrochaient une pierre enveloppée dans une peille ( un chiffon ). Ils fixaient une autre ficelle au centre, la déroulaient sur plusieurs dizaines de mètres et tiraient la ficelle.

Le martelet est encore pratiqué lors de la fête du village.